Al Capone et la petite française (8)

Il était maintenant temps de penser aux choses sérieuses. Un mois à jouer à la touriste et à la fée du logis avait largement été suffisant pour la petite française que j’étais.

Certes, j’étais habituée aux cinq semaines de congés annuels, que je me permettais en France alors même que j’étais mon propre patron, mais mon quota de « lâcher prise » venait d’expirer. J’avais l’autorisation de travailler aux Etats-Unis, et je tenais plus que tout à me fondre dans la masse et à ressembler à toutes ces business women que j’admirais tant.

Là encore, le décalage franco-américain taquinait ma perception de la réussite. Sans vouloir être désagréable avec mes compatriotes, toute tentative de pensée positive quant à mes activités en France se soldait par l’inverse, c’est à dire une pensée négative, ou au mieux, une certaine indifférence. Et heureusement que ma volonté avait été plus forte que mon intention : ma petite entreprise avait été très lucrative en plus d’être épanouissante.

Maintenant, je voulais vivre mon rêve américain. Je souhaitais être une citoyenne des États-Unis d’Amérique, participer à l’économie, apporter ma contribution.

Joshua faisait de moi une femme heureuse, à moi maintenant de lui rappeler que deux explorateurs français avaient découvert Chicago. Cela n’avait rien à voir avec mes projets, mais un peu de chauvinisme ne faisait pas de mal.

J’avais annoncé ma décision à Joshua pendant le weekend end et il avait accueilli la nouvelle avec fierté. Nous nous étions penchés sur les différentes étapes à accomplir, quand bien même je savais déjà ce que je devais faire pour mon métier de personal shopper. Mais voir Joshua tellement enthousiaste m’excitait dangereusement. Et puis dans quelques semaines, j’allais devenir Madame Joshua Canhill. Doublement excitant. Bref.

La réaction la plus énigmatique à ma « grande nouvelle » avait été celle de Tim au French Market. Il s’était adossé à sa chaise, avait réajusté d’un geste assuré le col de son costume et avait lancé avec soulagement un « Enfin, nous y sommes ! » qui m’avait laissé sans voix.

à suivre…

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