Al Capone et la petite française (5)

view from 840 North Lake Shore, Chicago
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31 mai. Mon premier mois à Chicago se terminait et je venais de le célébrer au Green Mill. Et comme toute française qui se respecte, je terminais ma soirée un verre de vin à la main, assise sur une des chaises longues du balcon de mon appartement, un plaid autour des épaules. Une vraie grand-mère.

Comme toute française….façon de parler. L’habitude du verre de vin, je l’avais prise ici. J’avais bien remarqué la déception de mes hôtes lorsque j’annonçais que je ne buvais pas d’alcool : « Pas même un verre de vin ? Vous êtes française ! ». Et c’est ainsi que j’étais devenue une alcoolique mondaine. Même seule sur un balcon.

Oubliée la tisane à la Camomille, j’avais appris à dégainer le tire-bouchon plus vite que la bouilloire.

Je repassais en revue mon étrange journée et ma curieuse soirée, et la grande question que je me posais en admirant les lumières de la ville, c’était de savoir ce que j’allais désormais faire pour occuper mes journées.

Yolanda et Regard d’acier s’étaient tout de suite entendus. D’ailleurs ils s’étaient dirigés ensemble vers une table et je les avais suivi telle une adolescente qui n’a pas son mot à dire. Le seul souvenir d’une possible conversation que nous avions eu, c’était la dernière phrase lancée par Yolanda quand elle était sortie du taxi qui nous ramenait : « Alors nous nous retrouvons lundi à 10 heures devant le French Market ! ».

Et alors que cette dernière phrase résonnait dans ma tête, des bribes de conversation me revenaient en mémoire …inutile que je me questionne sur mon avenir à Chicago, quelques cartes étaient déjà disposées sur la table.

Ce dont j’étais certaine, à deux heures du matin, c’est que personne ne croise notre chemin par hasard. Chaque individu qui nous frôle un tant soit peu, a un rôle à jouer, quelque chose à partager. Qu’il reste dans notre vie, disparaisse ou revienne.

Et il avait fallu que je sois une expatriée pour m’en rendre compte.

Ces dernières années m’avaient aussi apprises à laisser les gens s’éloigner de nos vies, pour mieux en laisser rentrer d’autres.

Et Joshua avait ouvert la porte en grand. Non, ce n’est pas une image. Il venait réellement de passer la porte d’entrée. C’est ce que j’aimais chez lui : l’effet de surprise.

à suivre…

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