Al Capone et la petite française (4)

7244SPrairieAve, Chicago
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7244 South Prairie avenue. Nous y étions. Enfin. La maison des Capone était en vente et compte tenu de la curiosité qu’elle générait, le seul moyen de la visiter était d’apporter la preuve de posséder les fonds nécessaires pour l’acheter. Evidemment.

Mais Yolanda et moi avions bénéficié d’une faveur. Etait-ce mon accent français qui avait permis l’introduction de la clé dans la serrure ? Ou la forte ressemblance de Yolanda avec Teresina, la mère d’Al Capone, qui obligea l’agent immobilier à répondre à notre requête ?

Quelques minutes auparavant, nous étions toutes les deux, droites comme un I, devant le bureau de cet agent. J’avais à peine prononcé l’adresse que l’agent avait détourné son regard sur Yolanda et était devenu blême. Par je ne sais quelle intuition, j’avais alors recherché sur mon téléphone portable des photos de la famille Capone et dû me rendre à l’évidence : la porte s’ouvrait grâce à ma Mama.

La maison avait appartenu trente ans à la famille Capone. Elle avait abrité l’ascension d’Al, couvert une famille entière dédiée au crime, et les funérailles de Frank, le petit frère, y avaient été organisées. C’est au décès de Teresina que la demeure quitta définitivement la famille pour entrer dans la légende.

Lorsque je vis, au centre de la cuisine, Yolanda les larmes aux yeux, je pris la décision, à contrecœur, de calmer mon obsession pour mon idole.

C’est une Yolanda abasourdie que je ramenais à mon appartement.

Une bouteille de champagne plus tard, et toutes deux pompettes, je déclarais à Yolanda, sur un ton solennel et quelque peu triste que nous allions faire une pause:

  • Ma petite Mama, nous n’irons pas sur sa tombe…

Et c’est une Mama complètement effondrée qui hurla de douleur. Elle était très affectée, c’est certain. A ce moment là, les choses étaient définitivement claires : deux séjours liés à l’histoire de Capone, l’un à Cicero et l’autre à Miami étaient aussi annulés.

Mama se leva enfin, dans un mouvement quelque peu assuré et se dirigea sur le balcon. Calmée, elle me supplia de l’amener au Green Mill sous prétexte que l’ambiance et la musique lui feraient le plus grand bien. Je le lui promis pour le soir même.

C’est une Yolanda détendue qui s’apprêtait à rentrer au Green Mill. Et c’est une Audrey beaucoup moins joyeuse qui se tenait à ses cotés : mon sourire s’était effacé lorsque j’avais aperçu « Regard d’acier ». Et de toute évidence « Regard d’acier » avait un peu de pouvoir puisque c’est grâce à lui que nous étions rentrées sans attendre.

Ainsi je me retrouvais à une table, avec deux spécimens sortis tout droit d’un clan mafieux.

A suivre …

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