Un américain à Paris

Nous nous sommes rencontrés un soir de printemps, à la brasserie Le Fumoir, dans le centre de Paris.

Pierre et Lorenzo, mes amis, mes amours, l’avaient invité à se joindre à nous pour fêter mon anniversaire en petit comité et après coup je me demande s’il n’était pas mon cadeau.

J’avoue que lorsque Pierre et Lorenzo m’ont annoncé qu’une quatrième personne se joignait à nous, je n’étais pas ravie. Parce que – bien évidemment – ils se sont gardés de me dire s’il s’agissait d’un homme ou d’une femme. Parce que, étant LA femme du couple « Pi-Lo », il était hors de question qu’une autre représentante de mon espèce s’approche de notre trio.

Alors quel ne fut pas mon soulagement quand j’ai vu arriver un homme, grand, brun, athlétique et au sourire franc. J’avais juste l’impression d’être sortie de mon corps et de jouer dans Amour, Gloire et Beauté. Je ne m’appelais plus Audrey, j’étais devenue Kimberly. Mon ophtalmologue aurait halluciné : je n’étais plus myope, je voyais très bien et cet homme-là je l’avais vu arriver de loin.

Pierre et Lorenzo se sont levés et lui ont fait une accolade à tour de rôle, un truc à l’américaine. C’était viril.
Et là je me suis dit que j’avais un troisième ami homo. Et j’étais dépitée.
Oui, les homos sont virils. Oui, quand ils se font une accolade, c’est viril. C’est la même chose que chez les hétéros. Quand un homme vous fait une accolade pour vous dire bonjour, vous vous sentez tout de suite protégée, en puissance. Moi j’avais les seins au garde à vous, le soutien gorge avait lâché.

Puis Joshua s’est avancé vers moi, hésitant, presque timide. Il ne savait pas s’il devait me serrer la main ou m’embrasser. Mais son regard était plongé dans le mien, et son sourire me désarmait.
Et là je me suis dit que j’avais en face de moi quelqu’un de précieux… et de tellement sexy ! Bref, un coup de foudre. Intérieurement, je lui criais « Mais vas-y ! Fais la moi ton accolade de mâle ! Qu’on en finisse ! Je ne veux plus être l’indépendante féministe, je veux être une petite chose fragile dans tes bras ! ». Bref.

Le soir de mes 30 ans, j’ai pensé, tout du moins émotionnellement, à mettre fin à deux ans d’extrême célibat. Depuis ma dernière rupture (deux années auparavant donc) j’avais fait vœux de chasteté pour une durée indéterminée. Point de sourcillement, point d’œillade, point de bave à la commissure des lèvres, point de rire de dinde, point de baiser.
Et ce soir là, en regardant ce spécimen j’étais de nouveau prête à parler avec un homme, à me laisser endormir par quelques murmures à l’oreille, à frissonner à un effleurement.

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